Sapeurs-pompiers agressés : la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France appelle à une réponse ferme et rapide de l’Etat

Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France - Le 19 décembre 2018

[COMMUNIQUE DE PRESSE] Dans une note publiée le 19 décembre, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) fait état d’une forte augmentation (+ 23%) du nombre de déclarations d’agressions de sapeurs-pompiers entre 2016 et 2017. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) condamne fermement toute atteinte envers celles et ceux qui nous protègent et appelle à l’adoption rapide de mesures fortes pour enrayer ce phénomène.

Découvrez la Note de l'ONDRP sur les agressions déclarées de sapeurs-pompiers en 2017

Une progression inquiétante et continue des agressions de sapeurs-pompiers

L’ONDRP constate chaque année une forte hausse des déclarations d’agression par les sapeurs-pompiers : en 2014, ils étaient 1.603 à se déclarer victimes d’agressions en intervention. Ils étaient ensuite 1.939 en 2015, 2.280 en 2016 et 2.813 en 2017. Les agressions touchent pour moitié les sapeurs-pompiers professionnels, mais aussi les volontaires (40%) et militaires (10%). En parallèle, 382 véhicules ont été déclarés endommagés en 2017, pour un préjudice estimé de 290.300 euros*.

La FNSPF s’en inquiète aux côtés des organisations syndicales, et appelle à une réponse ferme et rapide de l’Etat.


*Attention : ces chiffres sont basés sur des déclarations d’agressions, et ne sauraient représenter exhaustivement l’ampleur du phénomène.

Les sapeurs-pompiers : premiers acteurs du secours d’urgence aux personnes (SUAP)

Loin de se limiter aux seules violences urbaines et aux quartiers dits sensibles, les agressions de sapeurs-pompiers sont de plus en plus commises dans le cadre de missions d’assistance aux personnes en détresse sociale ou psychologique, à domicile ou sur la voie publique.

Pour rappel, l’historique « soldat du feu », devenu au fil des ans « un généraliste du secours » ou « un technicien du risque », est désormais l’acteur majeur du SUAP, voire même dans de nombreux territoires, le dernier.

  • 1998 : 3,4 millions d’interventions, dont 54 % de SUAP ;
  • 2017 : 4,5 millions d’interventions, dont 84% de SUAP.

Les caméras piétons : un premier pas qui doit mener à une réponse forte et globale des pouvoirs publics

La loi n° 2018-697 du 3 août dernier permet l’utilisation de caméras individuelles aux sapeurs-pompiers à titre expérimental pour une durée de 3 ans. L’expérimentation va s’engager début 2019 dans une quinzaine départements après la parution, attendue prochainement, du décret d’application. L’utilisation de ces équipements, déjà permise aux gendarmes et policiers nationaux et municipaux, n’est toutefois pas la solution miracle ! 

Cette mesure ne saurait à elle seule répondre à l’importance de la problématique des agressions, qui appelle de la part des pouvoirs publics à une réponse forte et globale, à travers 4 mesures prioritaires :  

1. Une meilleure connaissance du cadre d’activité des sapeurs-pompiers par la population, via :

  • le maintien du maillage territorial, soumis à une érosion continue. En 2017, on comptait 6.414* centres d’incendie et de secours en France, alors qu’ils étaient encore 7.400 en 2009 ;
  • le renforcement de la présence des services d’incendie et de secours dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, conformément à la proposition n°11 de la Mission volontariat ;
  • la mise en place du Service national universel, dont l’expérimentation est prévue en 2019, qui doit permettre de sensibiliser la jeune population aux missions des sapeurs-pompiers.

2. La mise en place de centres départementaux de réception des appels d’urgence commun (112)

La dispersion actuelle des numéros et des plateformes complexifie le traitement des appels, générant transferts, perte de temps et perte potentielle de précieuses informations. C’est pourquoi la FNSPF appelle à rassembler sapeurs-pompiers, police, gendarmerie et SAMU au sein d’une même plateforme départementale d’appels, autour du numéro d’urgence européen 112. Ce travail interservices permettrait une meilleure détection des situations dangereuses, pour déclencher immédiatement un accompagnement des forces de l’ordre aux côtés des sapeurs-pompiers.

3. La garantie de l’anonymisation des dépôts de plainte

De nombreux sapeurs-pompiers agressés dans le cadre de leur mission renoncent à déposer plainte en leur nom par crainte de représailles, pour eux et leur famille. La FNSPF demande à ce que soit ouverte la possibilité à l’administration (le Service départemental d’incendie et de secours) de faire « écran » entre l’auteur des faits et son agent, permettant ainsi que l’identité de l’agent n’apparaisse pas en tant que telle. Une proposition de loi en ce sens a été déposée le 30 octobre par Patrick Kanner, président du groupe socialiste du Sénat. La FNSPF attend désormais l’aboutissement de cette mesure, pour mieux protéger les sapeurs-pompiers et sanctionner leurs agresseurs.

4. Une chaîne pénale plus efficace et effective

Quand le sapeur-pompier dépose plainte, encore faut-il que la justice garantisse ensuite une condamnation sévère et systématique. Or, le rapport d’Eric Ciotti sur les crédits de la sécurité civile à l’Assemblée Nationale fait état d’un taux de condamnation de seulement 14% (source : Assemblée nationale, examen en commissions élargies le 25 octobre 2018 des crédits du programme Sécurité civile du projet de loi de finances pour 2019). La FNSPF demande l’application de peines plus lourdes et réellement exécutées. Ainsi, certains parlementaires appellent à qualifier, de manière uniforme, toute atteinte morale, rendue publique ou non, à la dignité ou au respect d’un sapeur-pompier d’une sanction relevant du régime du délit d’outrage.

Les sapeurs-pompiers de France attendent désormais des actes sur une situation qui ne s’améliore pas depuis plus de 10 ans, et appellent le grand public à manifester son soutien sur les réseaux sociaux à l’aide du #TouchePasÀMonPompier.


*Chiffre issu des statistiques des services d’incendie et de secours 2017, publiées par la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises. A consulter sur pompiers.fr

A travers la campagne de sensibilisation sur le web et les réseaux sociaux lancée avec le #Touchepasàmonpompier, la FNSPF a lancé un appel à affirmer son soutien aux sapeurs-pompiers en postant un selfie accompagné du hashtag de la campagne. Le but de cette opération selfie : faciliter la démarche des internautes par une action ludique sur les réseaux sociaux.

Panneau à télécharger sur pompiers.fr

Touche pas à mon pompier
Note ONDRP - Décembre 2018 - Agressions déclarées de sapeurs-pompiers en 2017

Note de l'ONDRP sur les agressions déclarées de sapeurs-pompiers

Découvrez l'intégralité de la Note de l'Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) de décembre 2018, relative aux agressions déclarées par les sapeurs-pompiers en 2017.

[ Disponible sur le site de l'ONDRP ]

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Avis de décès

[AVIS DE DÉCÈS] 1CL Bertrand PIME (Nouvelle-Calédonie) ainsi que les CCH Simon CARTANNAZ et 1CL Nathanaël JOSSELIN (BSPP)

La FNSPF, l'ODP et la MNSPF ont le regret de vous annoncer le décès en service commandé du sapeur de 1e classe Bertrand PIME, sapeur-pompier volontaire au Syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVM) Nord (Nouvelle-Calédonie), mercredi 9 janvier 2019, ainsi que du caporal-chef Simon CARTANNAZ et du 1e classe Nathanaël JOSSELIN, sapeurs-pompiers de Paris également volontaires en Savoie et dans l'Yonne, décédès en service samedi 12 janvier 2019 à Paris.

Toutes nos pensées vont vers leur famille, leurs collègues et leurs amis.