Moyens aériens de la Sécurité civile et des sapeurs-pompiers

Dans le cadre de leurs interventions, les sapeurs-pompiers disposent de moyens aériens renforçant les moyens terrestres. Les moyens nationaux de la Sécurité civile restent les plus connus du grand public, notamment les hélicoptères Dragon et les avions bombardiers d'eau tels que Canadair et Tracker pour combattre les feux de forêts, essentiellement mobilisés pour des missions de sauvetage et de secours d'urgence. Mais certains services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) disposent également de leurs propres équipements aériens, en complément des moyens nationaux.


Les hélicoptères "Dragon" de la Sécurité civile

Les hélicoptères jaune et rouge de la Sécurité civile sont connus du grand public sous le nom de « Dragon ». Ils sont à la disposition des sapeurs-pompiers, mais aussi du SAMU, de la police ou encore la gendarmerie, essentiellement pour accomplir des missions de secours d’urgence et de sauvetage.

Hélicoptère "Dragon" de la Sécurité civile – © Stéphane GAUTIER / Patrick FORGET
Hélicoptère "Dragon" de la Sécurité civile – © Stéphane GAUTIER / Patrick FORGET

Ces appareils, de type EC-145, sont une trentaine en France, réunis dans le groupement d’hélicoptères de la Sécurité civile (GHSC) qui intervient depuis plus de 60 ans. Ils peuvent atteindre les 220km/h, ce qui leur permet d’être très rapidement mobilisés en cas de besoin.

 L’équipage de chaque hélicoptère est composé d’un pilote et d’un mécanicien opérateur. La cabine peut ensuite accueillir plusieurs professionnels en fonction de l’intervention à effectuer. Bien que les hélicoptères Dragon de la Sécurité civile soient dédiés au secours à personne, ils peuvent occasionnellement remplir des missions d'assistance technique, de police ou de reconnaissance sur les feux de forêts.

Les sapeurs-pompiers spécialistes du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (GRIMP) et du secours en montagne ainsi que les nageurs-sauveteurs sont régulièrement amenés à embarquer à bord de ces hélicoptères.

Ces derniers sont équipés d’un treuil permettant de faire descendre les secouristes auprès de la victime et de remonter celle-ci lorsqu’elle se trouve dans un endroit difficile d’accès, en montagne ou en mer.

L’hélitreuillage est une manœuvre spectaculaire mais délicate, qui exige de la part des sauveteurs rigueur et sang-froid.

Les EC-145 de la Sécurité civile peuvent également intervenir dans le cadre de la lutte contre les feux de forêts, en tant qu'hélicoptères de secours mais aussi de commandement, en se mettant en vol stationnaire pour surveiller les zones atteintes par les incendies.

En savoir plus sur la formation au secours héliporté


Les avions bombardiers d'eau de la Sécurité civile

Il existe plusieurs types d'avions bombardiers d'eau dans la flotte nationale de la Sécurité civile : les Canadair, les Tracker, les Dash et les Beechcraft. Pilotés par des professionnels, ils sont essentiellement mobilisés pour des missions de prévention, de reconnaissance et d'extinction des feux de forêts. Ils interviennent en coordination avec les sapeurs-pompiers mobilisés au sol.

Depuis 2017, la base aérienne de la Sécurité civile (BASC) est située à Nîmes-Garons, dans le département du Gard. Les avions peuvent néanmoins être repositionnés temporairement sur d'autres sites en fonction des événements et des besoins en termes d'intervention.

Avion bombardier d'eau "Canadair" de la Sécurité civile – © Twitter Sécurité civile
Avion bombardier d'eau "Canadair" de la Sécurité civile – © Twitter Sécurité civile

Les Canadair

Facilement reconnaissable à ses couleurs jaune et rouge, le Canadair est le plus gros bombardier d’eau de la Sécurité civile française, qui en compte douze*, dont trois* sont basés en Corse, à Ajaccio. Depuis quelques années, le modèle CL-415 a remplacé le CL-215, qui était le premier avion conçu spécialement pour la lutte contre les incendies. Ses réservoirs peuvent contenir plus de 6.000 litres d’eau.

Le Canadair est un avion amphibie, qui peut se poser sur l’eau (amerrir) et en redécoller. Il a aussi la capacité de se ravitailler en vol, ce qui constitue un gain de temps précieux par rapport à d’autres avions contraints de rentrer sur leur base aérienne pour se réapprovisionner. Pour cela, il doit frôler la surface d’un plan d’eau, qui peut être un lac, un fleuve ou la mer, sur une longueur d’environ 1.500 mètres. Cette opération s’appelle l’écopage et ne dure que 12 secondes en moyenne, pour 6 tonnes d’eau recueillies.

Avion bombardier d'eau "Dash" de la Sécurité civile – © Sécurité civile
Avion bombardier d'eau "Dash" de la Sécurité civile – © Sécurité civile

Les Dash

La Sécurité civile française est équipée de trois* Dash-8 Q400 en version bombardier d’eau, puisque cet avion est initialement destiné au transport de passagers.

Le Dash dispose d’un réservoir de 10.000 litres d’eau ou de produit retardant, soit 4 tonnes de plus que le Canadair. Sa vitesse lui permet de couvrir l'ensemble de la zone sud-ouest : le Dash peut relier Nîmes-Bordeaux en une heure, contre deux pour le Canadair.

Polyvalent, il peut aussi transporter des passagers ou des équipements. D'ici 2023, les trois Dash de la Sécurité civile devraient être rejoints par 6 avions MRBET "Multi-rôle bombardier d'eau et transport", censés remplacer les Tracker.

Avion bombardier d'eau "Tracker" de la Sécurité civile – © Sécurité civile
Avion bombardier d'eau "Tracker" de la Sécurité civile – © Sécurité civile

Les Tracker

Plus petits et plus anciens que les Canadair, les Tracker S-2FT étaient à l’origine des avions militaires dédiés à la lutte anti-sous-marine. Reconvertis en bombardiers d’eau dans les années 1970, ils devraient être retirés du service à partir de 2020. La Sécurité civile compte actuellement sept* Tracker, dont deux* sont positionnés à Cannes et Solenzara, en complément de la base de Nîmes-Garons.

Les Tracker sont utilisés en priorité sur des missions de surveillance et de première intervention, dites missions de guet aérien armé (GAAR). En raison de leur rapidité, ils sont souvent les premiers à intervenir pour l'attaque de feux naissants. Capables d’emporter plus de 3 tonnes d’eau, ils peuvent dans un premier temps larguer le produit retardant, qui sert à ralentir la propagation du feu et donne une couleur orangée aux largages. Les Canadair sont ensuite mobilisés lorsque l’incendie est plus étendu.

Avion "Beechcraft" de la Sécurité civile – © Sécurité civile
Avion "Beechcraft" de la Sécurité civile – © Sécurité civile

Les Beechcraft

Contrairement aux autres appareils de la Sécurité civile, le Beechcraft B200, ou Beech 200 Super King Air, n'est pas un bombardier d'eau, mais un avion de liaison et de reconnaissance. 

Il assure la coordination en vol des opérations aériennes ainsi que des missions d'investigation et de surveillance des zones à risques élevés. En cas de besoin, il peut également transporter des personnels dans des zones difficiles d'accès.

La Sécurité civile française compte actuellement trois* Beechcraft B200, capables d'atteindre la vitesse de 500km/h.

Lutte contre les feux de forêts

En 2018, les surfaces brûlées par les feux de forêts en France ont représenté 5.124 hectares, un chiffre en baisse par rapport aux 24.500 hectares touchés en 2017.

La vigilance ne doit pas baisser. Dès le début de la saison estivale, tous les acteurs de la lutte contre ce type de feux sont mobilisés pour protéger la forêt.

Les sapeurs-pompiers, parfois aidés de renforts venus de toutes les régions, oeuvrent ensemble contre ces incendies, soutenus par les moyens aériens de la sécurité civile.

[ En savoir plus sur la saison 2019 des feux de forêts ]

En savoir plus sur les véhicules des sapeurs-pompiers


Les moyens aériens des SDIS

Certains services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) disposent d’avions et d’hélicoptères pour assurer leur autonomie opérationnelle, en complément des moyens nationaux de la Sécurité civile.

Par exemple, certains départements du sud de la France louent des hélicoptères et des avions de reconnaissance ainsi que des bombardiers d’eau pour lutter contre les feux de forêts en été.


Les drones

Les drones sont des aéronefs sans pilote à bord, le plus souvent télécommandés depuis le sol. Le drone est un outil piloté qui fournit des renseignements exploitables dans le cadre de la gestion d’une crise. Certains SDIS et unités militaires s’y intéressent et éprouvent leur efficacité opérationnelle dans le cadre de missions de reconnaissance, de secours d’urgence aux personnes et parfois même d’extinction du feu.

Drone

Les drones peuvent être équipés de radars et de caméras, qui permettent d’orienter et de visualiser les opérations voire même de guider un secouriste en transmettant les images aux personnels au sol. C’est pourquoi ils s’avèrent utiles pour repérer une éventuelle reprise de feu en forêt, rechercher une victime en milieu périlleux ou aquatique, évoluer dans un environnement toxique, faire de la reconnaissance sur un accident de la voie publique ou lors de violences urbaines…

 Le potentiel d’exploitation des drones est vaste. Certains sont par exemple équipés d’extincteurs embarqués pour éteindre rapidement une partie d’une voiture en feu ou intervenir en hauteur sur un feu d’éolienne ou de pylône.

En savoir plus : utilisation et efficacité professionnelle des drones par les sapeurs-pompiers


* Sources : dossier de presse du ministère de l'Intérieur sur la campagne 2019 de lutte contre les feux de forêts


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