Conférences "Eau et prévention"

La thématique de "l'eau et de la prévention" a été abordée, vendredi 24 mars 2017, lors de conférences plénières des journées scientifiques européennes du service de santé et de secours médical (SSSM) "Secours Santé 2017", au Palais des congrès de Vannes. En voici les présentations accompagnées des éléments projetés dans la salle de conférence.

Panorama des conférences sur la thématique "Eau et prévention"

  • L’aptitude médicale des gens de mer, regard sur un métier difficile
  • Analyse et traitement des micro-organismes du milieu hydrique
  • L’aptitude médicale des équipiers nautiques est-elle spécifique ?
  • Stress post-traumatique chez les naufragés
  • Que risquent les sauveteurs lors des inondations et comment les protéger ?
Secours santé - Eau et prévention

L’aptitude médicale des gens de mer, regard sur un métier difficile

Auteur et orateur : Dr F. SAUNIER, médecin-chef interrégional Nord-Atlantique, Manche-Ouest, SSGM

Le travail maritime comporte de nombreuses contraintes : celles du secteur transport, avec des postes qui exigent une vigilance permanente, l’éloignement de l’entourage, l’obligation de prendre son repos sur le lieu de travail, la confrontation au « huis clos maritime », l’éloignement sanitaire et la nécessité d’assurer en autonomie les rôles de sécurité dédiés, à terre, à des spécialistes.
Le milieu et les conditions de travail sont également exigeants. Le travail sur plate-forme mobile, exposé aux intempéries, en horaires décalés, avec souvent des efforts répétés et des postures inconfortables, soumet les marins à rude épreuve. La fréquence des accidents du travail maritime et des maladies professionnelles dans ce secteur en témoigne. L’aptitude à la navigation constitue un enjeu de santé au travail pour les marins, mais aussi pour la sécurité de la navigation.

Le SSGM responsable

Le choix a été fait, en France, de confier au Service de santé des gens de mer (SSGM) la détermination de l’aptitude à la navigation des gens de mer et les missions de santé au travail des marins. Cette double compétence permet, au travers d’une pratique exclusive auprès des marins et des entreprises maritimes, de développer une connaissance des spécificités de la grande variété de métiers et de postes. Les visites à bord des navires à quai et les embarquements ponctuels sont l’occasion de confronter ces connaissances au travail réel des marins. Les infirmiers et médecins du SSGM participent également très activement à la formation médicale maritime, dans les différentes structures d’enseignement maritime. Ainsi, les médecins du SSGM accompagnent les marins dès leur entrée en formation et tout au long de leur carrière.

L’aptitude médicale des gens de mer, regard sur un métier difficile

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Analyse et traitement des micro-organismes du milieu hydrique

Auteur et orateur : Pr D. HARAS, Université de Bretagne-Loire

Sur Terre, 97 % de l’eau est salée. Dans les 3 % restants, 99,1 % de l’eau douce n’est pas utilisable pour l’homme. Seulement 0,3 % l’est, et 0,0001 % est disponible et potable. Cela est lié à la présence de micro-organismes pouvant être responsables de maladies hydriques, causées par une eau contaminée par des bactéries et virus, des déchets humains ou animaux et/ou des maladies aquatiques transmises par des vers aquatiques. Il est donc possible d’identifier les origines bactériennes, virales et parasitaires des pathologies humaines survenues après ingestion, inhalation d’aérosols ou contact avec une eau insalubre.

Inégalité face aux risques

Tous les hommes ne sont pas égaux face aux risques : le niveau de développement économique, l’éducation, mais aussi le statut immunitaire de chacun ont une influence. Dans les pays développés, le risque est principalement d’origine fécale. C’est pourquoi la qualité microbiologique de l’eau de consommation est premièrement fondée sur l’évaluation de la présence des entérocoques (escherichia coli). Cependant, les dernières épidémies ont été d’origine bactériologique (campylobacter), virale (virus des hépatites A et E, des norovirus), parasitaires (cryptosporidium), et les contaminations par les légionelles, staphylocoques et pseudomonades sont nombreuses et récurrentes. La recherche de l’agent pathogène repose sur une somme importante de techniques plus ou moins longues (de quelques heures à plusieurs semaines) et sophistiquées : de la culture sur milieu nutritif solide au séquençage partiel des génomes, en passant par les analyses biochimiques et immunologiques. Le niveau d’information en dépend : de l’identification d’un genre à la détermination de l’espèce, sa sous-espèce et son « sérovar ».

Décontamination

Les méthodes de décontamination sont nombreuses. Sans traiter des désinfectants chimiques (ammoniums quaternaires, dérivés aldéhydiques,...) les UV, le chlore, l’ozone et les chocs thermiques sont principalement employés ainsi que des procédés physiques de filtration et de floculation. Mais la décontamination se heurte au fait que les micro-organismes vivent principalement sous la forme de colonies complexes adhérant aux surfaces, appelées « biofilms », et que chaque micro-organisme possède des mécanismes de défense qui lui sont propres ainsi que des modes de communication interespèces ; le tout étant nécessaire à leur survie. Ici, nous présentons les principaux micro-organismes pathogènes ou potentiellement pathogènes rencontrés dans l’eau, leurs méthodes de détection, les systèmes de résistance des micro-organismes organisés en biofilms, et les cibles comportementales et moléculaires permettant de les prévenir et /ou de les éliminer.

Analyse et traitement des micro-organismes du milieu hydrique

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L’aptitude médicale des équipiers nautiques est-elle spécifique ?

Auteur et orateur : Dr M. COULANGE, praticien hospitalier, chef du service de médecine hyperbare, subaquatique et maritime, CHU Sainte-Marguerite APHM, médecin SPV au Sdis 04, conseiller à l’ECASC

Où en est-on concernant l’aptitude médicale aux interventions en milieu aquatique, subaquatique et hyperbare ? Depuis plusieurs années, un certain nombre de textes réglementaires ont modifié les dispositions relatives à la surveillance médicale renforcée des travailleurs intervenant en milieu hyperbare. Cette dynamique a été initiée par une doctrine européenne consistant à dire qu’il était interdit de définir par la loi le contenu d’une visite médicale pour une aptitude à un poste de travail. L’arrêté du 28 décembre 2015 a abrogé définitivement l’arrêté du 28 mars 1991 qui définissait les recommandations aux médecins du travail chargés de la surveillance médicale de ces travailleurs. Il était donc impératif que les sociétés savantes, compétentes dans le domaine, produisent des recommandations de bonne pratique pour la prise en charge en santé des interventions en conditions hyperbares.

Texte modifiant les conditions d’aptitude médicale

En parallèle, un groupe de travail au sein de la DG a proposé un texte modifiant l’annexe II du décret du 6 mai 2000 relative aux conditions d’aptitude médicale, auxquelles doivent satisfaire les sapeurs-pompiers pratiquant des activités spécialisées. Ce texte, intitulé « Aptitude médicale à pratiquer les interventions en milieu aquatique, subaquatique et hyperbare », permet d’optimiser la sécurité tout en réduisant les coûts. Il intègre les sauveteurs aquatiques et les intervenants en milieu hyperbare en ambiance sèche. Il est également en parfait accord avec les recommandations de bonne pratique qui viennent d’être publiées par la Société de médecine et de physiologie subaquatiques et hyperbares de langue française (MedSubHyp) et la Société française de médecine du travail (SFMT). L’auteur présentera les grandes lignes de ce texte et l’état d’avancement de sa publication.

L’aptitude médicale des équipiers nautiques est-elle spécifique ?

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Stress et trauma lors de naufrages

Auteur et orateur : Capitaine de frégate Jacques BRÉLIVET, psychologue clinicien,
adjoint au chef du service de psychologie de la Marine (DPMM / SPM)

Le milieu maritime est un environnement particulièrement accidentogène où l'homme doit finalement toujours se considérer en sursis.
Comme sur la terre ferme, le drame qui se joue en mer engage souvent une même triptyque victimes-proches-sauveteurs. Cependant les spécificités de l'univers marin peuvent avoir une implication psychologique particulière sur ces trois acteurs dans leur expérience de la fortune de mer, qu'il s'agisse du stress en intervention, du trauma psychique ou du deuil.

Stress et trauma lors de naufrages

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Que risquent les sauveteurs lors des inondations et comment les protéger ?

Auteurs et orateurs : Pr G. ANDRE-FONTAINE* ; A. JULLIAT**

La distribution naturelle des agents infectieux présents dans l’environnement peut être profondément modifiée lors d’inondations. Parmi eux, certains sont des agents de zoonoses bactériennes comme le rouget du porc, la fièvre charbonneuse, voire certaines mycobactérioses. Cependant, la plus fréquente et menaçante pour la santé humaine reste la leptospirose.

Zoonose mortelle

La leptospirose est une des zoonoses les plus mortelles. Elle provoque 1 million de cas sévères et 58 900 décès par an dans le monde, avec des pics après ouragans et cyclones tropicaux. Dès 2005, l’AFSSA l’avait identifiée comme pouvant croître avec le changement climatique. La France est parmi les pays industrialisés dont l’incidence annuelle est la plus élevée, et elle a doublé depuis 2014 en métropole, passant de 300 cas en moyenne à plus de 600 cas. Parmi les 20 sérogroupes de leptospires, Icterohaemorrhagiae est le plus fréquent en clinique humaine (un tiers des cas recensés), mais surtout le plus sévère (deux tiers des cas graves hospitalisés en métropole et jusqu’à 90 % dans les Antilles). Elle est reconnue comme maladie professionnelle, pour laquelle le CSHP recommande des mesures de prévention collectives et individuelles, dont les EPI et la vaccination pour les personnes particulièrement exposées telles que les sauveteurs et plongeurs professionnels. L’employeur a une obligation de résultat pour la protection de leur santé. Pourtant, 8 % des leptospiroses professionnelles concernaient les sapeurs-pompiers plongeurs dans l’étude épidémiologique conduite par l’ARS Normandie pour la période 2010-2014.

* DMV, santé des élevages et santé publique École nationale vétérinaire de Nantes (e. r.).
** Pharmacien, IMAXIO.

Que risquent les sauveteurs lors des inondations et comment les protéger ?

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Risque zoonotique infectieux

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Avis de décès

[AVIS DE DÉCÈS]

La FNSPF, l'ODP et la MNSPF ont le regret de vous annoncer le décès en service commandé, le 20 mai au soir, à l’âge de 60 ans, du caporal-chef Guy TURPIN, sapeur-pompier volontaire au corps départemental du Cher, affecté au centre de secours de La Chapelle d’Angillon.

Il a été victime d’une sortie de route de son FPTHR, en se rendant sur intervention.

Guy TURPIN était marié et père de deux enfants, dont un fils de 20 ans, également sapeur-pompier volontaire, présent dans le fourgon pompe tonne et blessé, avec deux de ses collègues, au moment de l’accident.

Les obsèques se dérouleront le vendredi 26 mai à La Chapelle d’Angillon en présence d’Eric FAURE, président de la FNSPF et de l’ODP, de Christian LETELLIER, secrétaire général de l’ODP et de Jérôme LAPP, secrétaire général de la MNSPF.
Des informations complémentaires sur les modalités horaires des obsèques vous seront communiquées ultérieurement.

Toutes nos pensées vont vers sa famille, ses collègues et ses amis.