A la suite du séisme meurtrier qui a frappé la ville de Bam, le 26 décembre dernier, le Groupe de secours catastrophe français, une organisation non gouvernementale composée de sapeurs-pompiers, s’est rendue sur place pour une mission d’aide aux victimes.
Texte > Anne Baronnet, Groupe de secours catastrophe français > spmag955 mars 2004
Le tremblement de terre, d'une magnitude de 6,5 sur l'échelle de Richter selon le Centre de géophysique de l'Université de Téhéran, s'est produit le vendredi 26 décembre 2003 à 5 h 28 heure locale (1 h 58 GMT), à 180 km à l'est de la ville de Kerman et à environ 1 000 km au sud-est de Téhéran, la capitale. La population de Bam, la ville la plus touchée, était estimée à environ 180 000 habitants. Le ministre de la santé iranien, Massoud Pezechkian, a rapidement appelé la communauté internationale à envoyer avant tout des médicaments et des équipements dans les régions dévastées par le séisme. Oasis en plein désert du Dasht-e-Kevir, la ville de Bam avait longtemps constitué une étape majeure sur la route sud de la soie, avant de renaître récemment avec l'arrivée des touristes.
Le bilan du séisme qui a frappé Bam fait état de 29 700 morts déclarés, selon un rapport publié fin décembre 2003 par l'équipe des Nations unies chargée d'évaluer les dommages. Mais elle estime qu'au moins 5 000 personnes ont été enterrées sans acte de décès. Quelque 1 700 victimes ont été mises en terre dans les villages voisins de Bam, située dans le sud-est du pays. Outre les pertes humaines, le séisme a dévasté les maisons, les infrastructures ainsi que la citadelle de Bam, l'un des joyaux du patrimoine culturel iranien dont les origines remontent à plus de deux mille ans.
La ville ancienne de Bam est détruite à plus de 80 %. Peu de maisons sont encore debout. La plupart des habitations de la région étant construites à l'aide de terre ou de pisé (un mélange de terre argileuse et de paille), elles n'ont pas résisté à la secousse tellurique. L'imposante citadelle historique de Arg-e-Bam est totalement détruite. Elle était le meilleur exemple des constructions urbaines de l'Iran préislamique. Un important programme de restauration avait d'ailleurs été récemment lancé et, une partie de la vieille ville et de la citadelle avait été restaurée. Les séismes sont très fréquents en Iran : près d'un millier de secousses ont fait depuis 1991 environ 17 600 tués et 53 000 blessés, selon des statistiques officielles.
La mission du GSCF
Quinze sauveteurs avec 2 tonnes de matériel sont mis en pré-alerte le jour-même du séisme. L’accord officiel du déplacement de l'équipe par l’ambassade d’Iran en France est obtenu. L’inventaire du matériel nécessaire est établi, ainsi qu’une liste des sauveteurs conviés à la mission. Contact est pris avec le responsable de la compagnie aérienne Iran Air pour l’acheminement du matériel et de l’équipe de secours (tout le matériel nécessaire est préparé la veille afin d’accélérer la procédure de départ).
Les recherches à Bam étant officiellement arrêtées le lundi 29 décembre, une équipe de secours de six sauveteurs du GSCF est composée, ayant pour but d'effectuer une mission de reconnaissance, d’apport de matériels appropriés et de soins. Cette équipe part le mardi 30 décembre 2003. Elle comprend 1 infirmier–anesthésiste sapeur-pompier, 5 sapeurs-pompiers, un sapeur-pompier interprète hors GSCF d'origine iranienne.
Les premières évaluations des dégâts étant faites par les autorités locales, l’objectif de la mission est clarifié dès le début :
Le travail réalisé
Parmi les tâches effectuées par le Groupe de secours catastrophe français :
Les projets
A la suite de cette mission, le GSCF reste en contact avec les autorités compétentes et toutes les personnes rencontrées sur place. Le Groupe a atteint son objectif dans la mesure où il a effectué une mission d’évaluation pour un possible retour avec l’acheminement de matériel adapté. Cette mission de secours permet donc de prévoir une prochaine collaboration avec l'association de médecins iraniens sur place, avec les autorités iraniennes, ainsi que notre interprète. Enfin, un projet de ré-acheminement rapide de divers médicaments et de matériels est en prévision suivant la demande des autorités iraniennes, mais dépend du bon vouloir des collectivités et partenaires.
Un tremblement de terre est par définition un mouvement bref du sol (variant de quelques secondes à quelques minutes) dû aux « ondes élastiques » (ou sismiques) transmises dans le globe à partir d'un point appelé foyer ou hypocentre. Un séisme se traduit par une secousse rapide et quelquefois violente de la surface de la terre, après une libération soudaine d'énergie depuis les entrailles du sol. L'hypocentre se trouve toujours dans la lithosphère. On distingue les séismes peu profonds (entre 0 et 60 km de profondeur) les plus fréquents, les séismes intermédiaires (entre 60 km et 300 km de profondeur) et les séismes profonds (entre 300 km et 700 km de profondeur).
L'épicentre est le point de la surface du globe à la verticale du foyer. On différencie les séismes naturels attribuables à l'activité de la terre et les séismes d'origine humaine comme ceux provoqués par l'explosion d'une bombe. Plus d'un million de séismes se produisent chaque année sur terre. Un séisme est l'une des pires catastrophes que la nature puisse produire. La croûte terrestre est composée d'une douzaine de « plaques ». Ces plaques bougent continuellement les unes par rapport aux autres à raison de 2 à 5 cm par an. La friction qui résulte de ces mouvements crée des tensions au sein des plaques jusqu'à ce que ces tensions soient plus fortes que la résistance des roches. Celles-ci se brisent alors, ou changent brutalement de position. Au contact de la surface, ces vibrations ou ondes sismiques font trembler la terre. T. Velu, président du GSCF
