Chiens de recherche et de sauvetage

Chiens de recherche et de sauvetage: championnat du monde en France

Du 27 juin au 2 juillet 2005, le Sdis de l’Hérault a accueilli le 11e championnat mondial des chiens de recherche et de sauvetage. Une grande première : en effet, l’IRO1 tenait sa compétition annuelle pour la première fois sur le sol français, sous l’égide de la BSPP (membre français) et du Sdis 34, avec la participation de nombreux sponsors. Plusieurs types d’épreuves étaient au programme.

Texte > F. Vanacker > Photos > R. Echard

Quelque trente équipes, représentant 15 nationalités aussi diverses que la Suède, la Croatie, la Slovénie, l’Autriche, le Japon ou encore l’Italie, ont participé aux championnats mondiaux de chiens de recherche et de sauvetage. Au total, une cinquantaine de compétiteurs, concourant avec un seul chien, ont participé. Ce championnat, qui avait été accueilli l’an dernier par l’Allemagne, le sera l’an prochain par la Suisse.

Les épreuves se sont déroulées à la Grande-Motte et à Gignac où les équipes ont pu s’affronter sportivement mais aussi s’entraîner, se perfectionner et échanger un savoir-faire en matière de recherches de personnes, en particulier lors de catastrophes, comme le drame qu’a connu l’Asie (tremblements de terre, accident ferroviaire, recherches de personnes égarées ou perdues). Qu’ils soient sapeurs-pompiers professionnels, militaires ou membres d’associations agréées, ces conducteurs de chiens sont avant tout des sauveteurs opérationnels.

Pour accomplir leurs missions opérationnelles parfois très difficiles, les chiens et les maîtres doivent être particulièrement performants, car sauver des vies ne s’improvise pas. De plus, ces missions peuvent mettre en péril l’animal et son conducteur. Il faut une très grande complicité, de la confiance, des connaissances parfaites du sauvetage, de l’obéissance et de la rigueur. Ces épreuves ont lieu pour pouvoir s’évaluer et s’améliorer, et pouvoir faire face à de nouvelles catastrophes liées au climat ou aux caprices des continents et de la terre.

Cette année, quatre types d’épreuve étaient retenus pour ce championnat :

Une épreuve de dextérité, qui consistait en un parcours d’obstacles que l’animal devait franchir successivement aux ordres de son maître, sous l’œil des juges, sachant que toutes les épreuves étaient notées, en particulier sur la rapidité d’exécution des ordres, la précision des gestes… Ce parcours a pour but de tester la dextérité, mais aussi l’équilibre et l’écoute du chien et son aisance en terrain difficile. Passer sur une bascule, marcher sur une échelle, sauter un obstacle tout en s’immobilisant immédiatement après, passer dans un tuyau, traverser des matériaux désagréables, s’élancer puis s‘immobiliser sur trois tables disposées loin devant lui, aux ordres de son maître et selon l’ordre défini par le juge. Cette épreuve s’achève par le porter du chien, par une personne autre que son maître, qui doit ensuite revenir vers ce dernier uniquement sur ordre.

L’épreuve de l’obéissance. Cette épreuve, moins impressionnante et moins visuelle pour un néophyte, est redoutable. Les règles concernant les ordres, les attitudes, la précision d’exécution sont ici draconiennes. Les exercices s’enchaînent vite : rappel au pied, report d’un objet en passant par-dessus un obstacle, position couchée immobile, marche lente et rapide à la hauteur du maître, le tout est agrémenté de perturbations comme des coups de feu, de bruits de tronçonneuse ou encore le passage dans une foule sans que le chien montre de signe de peur ou d’agressivité.
A la suite de ces deux épreuves obligatoires et éliminatoires, le concurrent choisit son épreuve de spécialité : questage ou décombres. L’épreuve de pistage n’a pas été retenue pour des raisons techniques.
Ces épreuves sont destinées à mettre l’animal et son maître en situation réelle, dans des conditions identiques à celles de missions opérationnelles que le chien peut remplir.

Le questage, en anglais « area search », consiste à rechercher une personne à l’intérieur d’une zone délimitée, sans odeur de référence au départ. La victime s’est cachée au début de l’exercice et se tient immobile. Le chien parcourt la zone et capte les effluves humaines. Lorsqu’il trouve la victime, il aboie pour marquer l’emplacement à son maître qui le suivait à distance durant l’épreuve. C’est ainsi que cinq victimes doivent être retrouvées en moins de 30 minutes. Le juge note aussi bien le temps de recherche que la manière de travailler du maître et du chien.

Le pistage, c’est la recherche d’une personne à partir d’une odeur de référence. Cette mission permet à l’animal de partir sur les traces d’un individu bien particulier. Cette méthode est utilisée généralement lors de recherches de personnes disparues.

L’épreuve de décombres (« disaster search ») à Gignac, ô combien impressionnante et éprouvante pour les animaux, sous la forte chaleur du midi, sur un site créé par les SP du centre de Gignac (Sdis 34), unique en France, reconstitution parfaite d’un site de catastrophe. Pour le bon déroulement de cette épreuve, des victimes volontaires ont été placées par le juge dans différentes buses aménagées pour ce genre d’exercice. Le chien doit retrouver les victimes, au travers de gravats, taules, ferrailles…, sous les ordres de son maître. Comme en questage, le chien parcourt la zone et capte les effluves, jusqu’à trouver et marquer l’emplacement des victimes. Comme dans tout travail, cela fait partie d’un mode de jeu, même s’il faut beaucoup de courage pour travailler sur des terrains aussi difficiles. D’autant que tout est fait pour perturber le travail du chien (d’autres sauveteurs,…), comme cela peut être le cas en mission. Voilà comment l’olfaction, sens premier du chien, est utilisée dans ces activités de recherche et en fait un partenaire indispensable à ces hommes et femmes qui sont passionnés par leur travail.

Ce grand rassemblement fut aussi l’occasion pour l’organisation et son partenaire Royal Canin de tenir plusieurs séminaires autour de thèmes comme la psychologie du chien ou son alimentation. Une intervention particulièrement appréciée fut celle de Dan Donadio, accompagné de Jo Caputto, policiers cynotechniciens new-yorkais qui engagèrent leurs chiens le 11 septembre 2001 sur les décombres du World Trade Center à la recherche de rescapés. Dan Donadio, aujourd’hui retraité de la police, n’en continue pas moins à s’intéresser professionnellement à des questions de sécurité dans son pays et à partager son expérience avec ses camarades de tous les pays. De même, les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont pu présenter leurs véhicules et leur matériel et réaliser une démonstration de recherche dans les décombres pour la presse, permettant ainsi de faire découvrir leurs compétences.

Le championnat du monde s’est achevé, comme il a commencé, par une cérémonie à la Grande Motte, l’ouverture des épreuves ayant eu lieu à Montpellier, sous le commandement du colonel Cassar, DDSIS de l’Hérault. L’épreuve de questage a été remportée par une jeune Hongroise et celle des décombres par une autre Hongroise. Nos sapeurs-pompiers français, dont le team leader était le capitaine Riffard, médecin vétérinaire SPr, ont décroché la médaille de bronze par équipe, épreuve remportée par les Croates.

Une belle performance pour leur première présentation à ces championnats, qui récompense de longs mois de travail, d’entraînement et d’investissement personnel.

L’équipe française

Félicitations pour ce championnat et pour le travail accompli lors de vos interventions, pour sauver des vies au dépit de la vôtre.

Marc Courtois avec Team, Christian Capillier avec Typhon, Olivier Jondeau et Rix, Patrick Villardy avec Philou, Carmelo Tanbuzzo et Rubis, Daniel Burier avec Sisko, Olivier Asselin et Job, Mourad Ghroum avec Peter, Ludovic Blegean avec Ranger, Gérald Caldes et Xérès méritent largement d’être cités, car tous sont sapeurs-pompiers ou membres opérationnels d’équipes cynophiles de la région parisienne ou de province.



n° 971 - septembre 2005

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