Ille et vilaine

SDIS 35, le vent en poupe

Centralisation de l’alerte, réorganisation territoriale, nouveaux outils de formation… Les sapeurs-pompiers d’Ille-et-Vilaine s’apprêtent à franchir de nombreux caps. Avec ces bordées de projets, ils se donnent les moyens de leurs ambitions. Arrêt sur image avant que ne soit hissé haut le pavillon d’un Sdis abouti.

Texte > Isabelle Forestier Photos > Christophe Dubois > spmag963 décembre 2004

Une pharmacie à usage intérieur ouvre ses portes courant décembre. En attendant la construction de locaux sur l’immense plateau technique, lui aussi en plein essor, des services techniques viennent de s’installer dans un bâtiment industriel. Quinze centres de secours ont été construits entre 2000 et 2003, 15 autres le seront en 2005. Onze nouvelles constructions sont prévues en 2006 ! Les projets ne manquent pas et vont bon train, nombre d’entre eux étant aujourd’hui en phase de réalisation concrète. L’image du Sdis 35 est celle d’un établissement à profil évolutif et dynamique.

Un CTA bien renseigné

Un CTA unique doit ouvrir ses portes au 1er semestre 2006. Il n’accueillera pas le 15, les mentalités, de part et d’autre, n’étant pas prêtes à franchir ce pas. En attendant, le Codis fait office de CTA pour une partie du département, l’autre partie étant encore gérée par le CTA de Rennes Saint-Georges. « Ce CTA gère les appels de plus de la moitié du département, tant en superficie qu’en nombre d’habitants ou d’interventions », indique le capitaine Philippe Michel, responsable opération au groupement de Rennes. En parallèle à leur activité d’opérateurs et de chefs de salle, tous les agents s’astreignent à des tâches administratives : renseignements de bases de données particulièrement détaillées sur la disponibilité des hydrants, les rues barrées, la tenue de manifestations sportives ou culturelles, mais aussi les statistiques d’activité. « Les sapeurs-pompiers du CTA viennent du terrain, ils savent donc que ces outils de travail sont indispensables au bon déroulement des interventions et sont soucieux de leur mise à jour », poursuit l’officier.

Phase d’observation

« Départementalisation oblige, lorsque le 1er janvier 2000 les centres d’incendie et de secours ont été intégrés en l’état, les questions relatives à l’organisation territoriale n’avaient pas été posées. Nous avons alors fait le constat d’une grande disparité entre les centres, avec des effectifs inégaux, des organisations parfois à l’opposé. Les années qui s’ensuivent sont consacrées à des remises à niveau en limitant ou renforçant les uns et les autres », explique le colonel Yves Daniel, directeur du service départemental d’incendie et de secours d’Ille-et-Vilaine. Equipement de protection individuelle, habillement, régime d’indemnisation des sapeurs-pompiers volontaires, gestion quotidienne des centres, ressources humaines… Tous les domaines du quotidien sont brossés. Depuis deux ans, une phase de réflexion a permis la préparation de gros dossiers. L’un d’entre eux, le Sdacr, en est aujourd’hui à la phase finale de sa révision. « Cette révision nous permet aussi de clarifier des données énoncées en 1998. Ainsi, les VPI positionnés dans les CPI (ndlr : centres de première intervention) laissent définitivement place à des FPTL ou FPT », signale le colonel Daniel. Les renouvellements d’engins s’effectuent au long cours, des efforts importants ayant été réalisés ces dernières années à concurrence de 4 millions d’euros d’investissement pour le gros matériel. De plus en plus, les engins spéciaux sont placés dans les CPI afin de soulager la sollicitation opérationnelle des gros centres et de motiver les plus petits. Il en est ainsi d’un des quatre véhicules de balisage et de signalisation (VBS) du département, affecté au CPI Hédé. « Il y a dix ans, nous faisions 50 interventions par an. Aujourd’hui, nous en faisons 200, dont une trentaine avec le VBS. Le fait de voir arriver de nouveaux engins dans la remise a engendré une importante remise en cause de leur niveau de formation par les sapeurs-pompiers eux-mêmes. CFAPSE, incendie… Nous nous y sommes tous mis. Aujourd’hui, nous comptons parmi nous un sous-officier, deux caporaux-chefs, un moniteur de secourisme », déclare le caporal Bruno Chopineau. Les 17 SPV du CPI, depuis un an, se sont organisés en services : gestion administrative et financière, gestion des moyens et gestion des risques… Ils adoptent la configuration d’un centre de plus grande importance. Le CPI Hédé devrait d’ailleurs passer centre de secours début 2005.

Aller de l’avant

« Tout le monde s’implique dans la vie courante du centre. C’est la moindre des choses. Celui qui ne viendrait que pour décaler n’aurait pas sa place ici. S’intéresser à de nouveaux domaines, participer, c’est faire partie de l’équipe », ajoute le sergent Hervé Baude, chef de centre. L’ambition affichée est que les effectifs atteignent 28 SPV au plus vite, et il y a urgence car un VSAV est prévu dans une très prochaine dotation, et le CCF va être remplacé par un FPT. « L’astreinte quotidienne devra pouvoir assurer deux départs. Il va donc falloir 9 à 10 SP. Mais il ne faut pas se leurrer : dans la journée, on ne va pas tenir. Car nos disponibilités dépendent beaucoup de nos employeurs », poursuit-il. Ce souci de la disponibilité en journée est, comme partout en France, croissant. Pour autant, chaque centre de secours arrive encore à faire face. Car tous, de quelque taille qu’ils soient, doivent être disponibles 24 heures sur 24. Certains CSP comme Vitré ou Dinard, réalisant 1 000 à 1 500 interventions annuelles, sont même exclusivement composés de sapeurs-pompiers volontaires. Incitation financière

La ligne de conduite adoptée par le président de Casdis et le directeur départemental s’exprime résolument en faveur de la complémentarité et du maintien d’un fort volontariat. Six cents SPV supplémentaires doivent venir grossir les rangs en trois ans. Un renforcement de l’encadrement SPV va être mené, pour permettre leur intégration dans la chaîne de commandement en parallèle à la prochaine réorganisation en groupements territoriaux. Un bureau du volontariat travaille à la mise en place de conventions de disponibilité. Il s’appuie sur une disposition très particulière envers les communes. « Pour inciter les communes à avoir des employés sapeurs-pompiers volontaires, depuis l’an dernier, nous diminuons leur contribution financière au fonctionnement du Sdis. Cette incitation est forte : moins 1 000 euros par employé ! Nous avons ainsi 270 SPV qui sont employés communaux, soit 10 % des SPV du département », explique le colonel Yves Daniel. Une politique forte de promotion et de développement du volontariat est aussi pratiquée. Un stand est mis à la disposition des centres pour des opérations de promotion, et des actions ponctuelles sont entreprises dans des centres commerciaux. Un couplé gagnant sur la ville de Châteaubourg, où le CS, qui réalise 400 à 450 interventions chaque année sur un secteur de premier appel de 10 communes pour 12 000 habitants, est exclusivement composé de volontaires. « Sur 38 SPV, 10 travaillent à la ville, reconnaît le lieutenant Michel Gauthier, adjoint au chef de centre du Châteaubourg. Et en termes de recrutement, autant auparavant ça fonctionnait par le bouche-à-oreille, autant aujourd’hui les candidats viennent frapper à notre porte ». Les raisons du succès ? Les opérations portes ouvertes, l’installation de nombreuses entreprises et une caserne toute neuve, pensent les sapeurs-pompiers du centre.

Embauche de SPP

Les sapeurs-pompiers du Sdis 35, ce sont aussi presque 600 sapeurs-pompiers professionnels, essentiellement répartis sur les grandes agglomérations. Avec la mise en œuvre progressive de l’Accord sur la réduction du temps de travail, un plan de recrutement sur quatre ans, dont la dernière année est 2005, permet l’embauche de 180 SPP affectés en caserne. Aujourd’hui, les professionnels logés réalisent 110 gardes par an contre 149 en 2001, les non-logés en effectuant 96 contre 110 en 2001. Le CSP de Saint-Malo par exemple, pour faire face à la sollicitation opérationnelle – 5 891 interventions en 2003 – s’appuie sur un effectif de 101 SPP et 41 SPV. Dix-sept recrutements de professionnels ont été opérés entre 2003 et 2004. La garde journalière minimum est de 20 sapeurs-pompiers. Il n’empêche qu’entre début juin et fin septembre, migrations estivales obligent, le centre connaît une recrudescence d’activité – 2 393 sur la saison 2003. Il est donc renforcé par 9 sapeurs-pompiers volontaires, tous issus de l’unité de Saint-Malo et travaillant sur le même rythme que les SPP sur cette période.

Risques côtiers

Qui dit département côtier, dit aussi activité nautique pour les sapeurs-pompiers. Une équipe de plongeurs existe depuis les années 1960 en Ille-et-Vilaine. La sortie du GNR en 1999 lui impose une mise à niveau de ses matériels et des formations. L’équipe compte aujourd’hui 59 sapeurs-pompiers, répartis pour moitié sur l’un des CSP de Rennes et sur celui de Saint-Malo. « La nature de nos interventions est bien différente, prévient le sergent-chef Hervé Bertel, sauveteur aquatique léger et conseiller technique départemental. Pour Rennes, les interventions se concentrent sur la partie sud du département et consistent en des opérations de plongée en eaux intérieures. Les plongeurs de Saint-Malo ont, eux, plutôt une vocation maritime. Il n’empêche, les deux secteurs étant susceptibles de se renforcer mutuellement, cela impose à tous d’être au top dans les deux domaines ». D’un point de vue formation, l’équipe va au-delà des prescriptions du GNR. Le plan de formation prévoit une vingtaine d’entraînements départementaux, et un recyclage sur une semaine bloquée est organisé chaque année pour l’ensemble des plongeurs. « Avec un renouvellement important de l’effectif ces dernières années, nous avons eu un besoin particulier de formation PLG1. Nous avons donc demandé un numéro d’agrément sur la zone ouest, et avons, depuis, organisé trois stages de ce niveau pour des plongeurs d’autres départements », poursuit-il. Quant aux sauveteurs aquatiques, ils existent depuis toujours. Car le département connaît les coefficients de marée les plus forts d’Europe. Il possède en outre une usine hydroélectrique, compte une activité portuaire importante et un tourisme maritime conséquent. Il est aussi le point de départ de nombreux ferries pour l’Angleterre et vit, certaines années, à l’heure de la Route du Rhum. Les SAV doivent donc sans cesse s’ajuster en nombre et s’organiser. « Le Sdacr a mis en évidence la nécessité d’avoir des sauveteurs en eaux intérieures sur Redon et Fougères. Il va donc y avoir prochainement des formations SAV1 dans ces deux secteurs. En attendant, les missions sont assurées par les 30 sauveteurs aquatiques de Rennes, tous SAV1 », précise le sergent-chef Jacques Ferron, conseiller technique départemental SAV. Sur la partie côtière, 60 SAV2 et SAV3 sont répartis sur Dinard, Saint-Malo et Cancale.

Plateau technique

L’un des grands projets du Sdis 35 concerne l’école départementale et son plateau technique. L’école, installée à la direction, ne suffit plus à faire face au nombre de stagiaires. Elle prendra possession de nouveaux bâtiments en 2006, installés à L’Hermitage. C’est en effet sur cette commune que se trouve le plateau technique acquis par le Sdis quelques années auparavant. Il s’agit d’une ancienne cidrerie dont les locaux industriels sont petit à petit adaptés aux besoins de formation. La rénovation globale du site est un projet de grande envergure, et de longue haleine. D’ores et déjà, les bâtiments permettent la réalisation de manœuvres et formations sur feux réels dans les kilomètres de locaux, sous-sols, caves, etc. Le bâtiment est un formidable labyrinthe aux voies d’accès multiples, permettant de varier les plaisirs et les scénarios. A terme, le plateau technique sera configuré en zone chaude, le bâtiment R+3 pouvant tout autant reconstituer des appartements ou des cales de navires… Sur la zone froide, parcours ARI, caissons backdraft et flash-over, zone SD, zone cynotechnique, une carcasse d’avion, celle d’une péniche, des voies d’accès, des ronds-points, et des passages à niveau inviteront à des manœuvres au plus près des réalités opérationnelles. « Actuellement, toutes formations confondues, l’école assure 17 000 journées-stagiaires, indique le capitaine Yves Le Breton, adjoint au chef du groupement formation et sport du Sdis 35. Notre taux de sollicitation, ce ne sont pas les interventions, mais le nombre de stages ! De fait, nous sommes le 96e CIS du département. Trois FPTL, 1 FPT, 2 VSAV, 1 VSR, 2 VTP, 2 VTU et 3 VL nous sont affectés en propre. Et nous attendons encore un fourgon neuf en fin d’année, ce qui n’est pas commun pour une école… »

Dossier sensible

Aujourd’hui, le Sdis 35 est découpé en sept unités opérationnelles : Rennes, Saint-Malo, Fougères, Bain-de-Bretagne, Redon, Vitré et Montfort-sur-Meu. « Elles sont de dimensions très inégales, confie le colonel Yves Daniel. Rennes regroupe 80 % des effectifs professionnels, 40 % des SPV et assume 40 à 50 % de l’activité opérationnelle du département. A l’inverse, certaines structures, ou unités, sont exclusivement composées de volontaires ». Il y a donc en projet de se réorganiser en trois groupements territoriaux. Les trois CIS de Rennes seront dissociés pour intégrer chacun un groupement. Ce que nombre de sapeurs-pompiers ne comprennent pas. « Le dossier est sensible, reconnaît le directeur départemental. Il devrait être finalisé à la fin de l’année, avec la définition des missions des centres, des compagnies, des groupements et de la direction ». Cette réorganisation marque la fin du corps districal de Rennes, l’aboutissement du corps départemental, avec pour objectif d’améliorer la proximité, la réactivité et la motivation des cadres, et d’alléger les procédures. Il n’en reste pas moins que le sujet alimente les conversations. Ceux qui ont aujourd’hui des responsabilités de chefs d’unité s’interrogent sur leur devenir, d’autres craignent la perte de prérogatives, certains redoutent que la déconcentration des services soit synonyme de perte d’information ou, à l’inverse, de lourdeur administrative.

Pour le capitaine Philippe Bouin, chef d’unité et du CSP de Montfort-sur-Meu, l’inquiétude porte sur la culture du volontariat et son management. « Lorsque j’engage un sapeur-pompier volontaire, je passe un contrat moral avec lui. Contrat dans lequel il y a obligation à s’intégrer dans un service hors opération. Tous les sapeurs-pompiers doivent donner de leur temps en dehors des périodes de gardes… et personne ne refuse. En tant que chef de centre, poursuit-il, je considère être là pour créer des conditions motivantes permettant des interventions les plus performantes possible. Cela passe par l’adhésion de chacun à un projet, à des objectifs de service et à une réflexion. Le tout accompagné d’une attitude de résolution de problème, chacun à son niveau de compétence. C’est cultiver la culture du battant et non plus venir à la caserne pour critiquer systématiquement sans proposer de solutions constructives. Cet état d’esprit, s’il est absent chez un sapeur-pompier, me permet par exemple de laisser les uns et les autres accéder ou non à certains stages. Or je crains que demain, on me demande de faire fonctionner le centre avec des sapeurs-pompiers pour lesquels d’autres que moi auront décidé des formations et nominations ». Un discours que ne partage pas tout à fait le commandant Patrice Fenéon, chef de l’unité et du CSP de Saint-Malo. « La future organisation prend en compte les organisations passées, les besoins dignes d’une organisation départementale. C’est une évolution qui permettra de rééquilibrer les sollicitations opérationnelles, de développer des approches communes et donc de mutualiser nos raisonnements et nos collaborations, car nos problématiques seront à l’identique ».

Etat d’esprit: les bâtisseurs

Les sapeurs-pompiers volontaires de Guipel sont aussi maçons, plombiers, couvreurs, peintres. Il ne s’agit pas de compétences professionnelles, mais des fonctions qu’ils ont tour à tour assumées lorsqu’ils ont décidé, en 2002, de construire seuls un nouveau centre de secours ! A l’époque sapeurs-pompiers communaux, ils avaient le choix entre la dissolution du corps ou la construction d’un CIS pour intégrer la départementalisation. « Nous étions formés, et particulièrement motivés. Nous ne voulions pas fermer », raconte le sergent Pascal Lavolée, chef de centre de Guipel. Un projet de fusion avec le centre de Montreuil-sur-Ille les tenait en haleine mais ne voyait pas le jour. Les sapeurs-pompiers de Guipel s’attelèrent alors aux travaux. Pour monter la charpente métallique, ils empruntèrent des tracteurs aux agriculteurs. Du sol au plafond, à l’exception de l’électricité et de l’isolement, ils donnèrent vie à leur caserne. Elle a été inaugurée en septembre 2003. Le même jour, le corps de Guipel fêtait ses 100 ans ! « Aujourd’hui nous sommes 18 et réalisons en moyenne 75 interventions par an. Nous n’avons jamais refusé un départ, même en journée. En juin dernier, nous avons été dotés d’un FPTL et un véhicule d’assistance respiratoire va nous être confié prochainement », annonce le chef de centre. De quoi encore renforcer la fierté des SP de Guipel.

Christian Le Maout, président du Casdis 35 et vice-président du conseil général

SP Mag : A quelques exceptions près, le Sdis n’est pas propriétaire des centres de secours, mais locataire. Pourquoi ?
Christian Le Maout : Cette mise à disposition des locaux est une des originalités de la départementalisation. Lorsque celle-ci s’est faite, l’état des casernements imposait des constructions neuves. Nous avons donc choisi de rester locataire, d’assumer les charges du propriétaire et du locataire, ce qui représente 2,5 à 3 millions d’euros par an, mais avons demandé aux communes de prendre à leurs frais les constructions neuves. Le loyer que nous leur versons ne dure que le temps du remboursement de l’emprunt par la commune. Depuis 2000, nous avons ainsi obtenu 25 casernes neuves. Ce lien de propriété entre le Sdis et une commune permet de plus que les maires ne se désintéressent pas des sapeurs-pompiers.

Que pensez-vous de la loi de modernisation de la sécurité civile ?
Ses grands points forts sont la reconnaissance de la dangerosité du métier et la prestation de fidélisation pour les sapeurs-pompiers volontaires. Son inconvénient majeur : elle reporte l’intégralité du financement sur les départements. Ce qui devrait signifier que celui qui paye décide… et ce n’est pas le cas.

Vous êtes chargé des finances au conseil général. Un avantage ou un inconvénient pour les sapeurs-pompiers ?
C’est plutôt un avantage. Ce ne serait un handicap que si le conseil général ne considérait pas les sapeurs-pompiers comme un élément essentiel dans la distribution des secours. Lorsque l’on est victime, la promptitude des secours et leur efficacité sont essentielles. Partant de là, il faut donner aux pompiers les moyens d’exercer cette mission. En cinq ans, le budget a augmenté de 15,5 millions d’euros. Efforts d’équipement, de recrutement… Comme eux, nous n’avons qu’un seul objectif : améliorer le secours aux victimes.

Réseau associatif: la Maison des sapeurs-pompiers

Le point de rendez-vous associatif des sapeurs-pompiers du Sdis 35 est la Maison des sapeurs-pompiers d’Ille-et-Vilaine, à Mordelles. L’union départementale a installé ses locaux dans un ancien entrepôt commercial. Ceux-ci hébergent le bureau grand-ouest de la MNSP et le siège social du Gudso. Le bâtiment est utilisé pour l’enseignement du secourisme, une grande salle permet la tenue de réunions à thème organisées par l’union au profit des présidents d’amicales. « La Maison des sapeurs-pompiers d’Ille-et-Vilaine est surtout un point de rencontre et d’information pour tous les sapeurs-pompiers du département. De plus en plus, ces derniers viennent spontanément lorsqu’ils ont besoin de nous parler », déclare le capitaine André Berthelot, président de l’union départementale. Une attitude plutôt nouvelle, cette union constatant, comme de nombreuses autres, le désengagement des sapeurs-pompiers des actions associatives. « Récemment, tous les membres de l’union sont allés sur le terrain pour rencontrer les sapeurs-pompiers. En trois mois, nous avons été dans tous les centres de secours du département. L’objectif ? Qu’ils sachent qu’il y a une union et ce qu’elle peut leur apporter. »

Quelques Chiffres

Géographie
Superficie : 6 775 km2. Population : 925 758 habitants. 352 communes, dont 8 villes de plus de 10 000 habitants. 330 000 hectares de forêt, 96 kilomètres de littoral, 4 fleuves et rivières principaux, 10 étangs de plus de 50 km2, 7 barrages de retenue d’eau, 16 860 km de voies rapides, 1 151 km de voies ferrées électrifiées, 2 aéroports internationaux.
Personnel
579 SPP, 2 651 SPV, 126 personnels administratifs et techniques, 130 JSP. Equipes spécialisées : Cmic, Cmir, SD, cynotechnique, plongée, sauvetage aquatique.
Equipement
96 CIS dont 12 CSP, 43 CS et 41 CPI. Parc automobile de 629 engins, dont 77 VSAB/VSAV, 21 VSR, 83 FPT/FPTL, 62 CCF, 16 CCGC, 17 moyens aériens, 16 véhicules médicalisés, 56 embarcations et 80 remorques diverses et MPR.
Budget 2004
45,8 millions d’euros en fonctionnement et 7,8 millions d’euros en investissement. Coût des secours par habitant et par an : 54,7 euros.
Nombre d’interventions
45 211 interventions en 2003 (70 % en journée), dont 56 % de secours à personnes, 11 % de secours routiers et 9 % d’incendies. L’unité de Rennes assure 43 % des interventions.
Risques particuliers
14 sites Seveso, dont 9 classés en seuil haut, risque NRBC diffus par TMD, risque d’inondation pluviale, fluviale et par rupture de digues et barrages, glissement et mouvements de terrain, nombreux sites et bâtiments historiques sensibles, sites portuaires, secours nautique et côtier.