Secours d’urgence en milieux hostiles, le sauvetage héliporté se professionnalise, le secours en montagne s’enlise

Opérationnel - Le 13 octobre 2017

[MAGAZINE] Le sauvetage héliporté devient une spécialité réservée aux sapeurs-pompiers, thème largement évoqué lors des débats au Congrès national. Plus professionnels, les SSH se positionnent dans les bases de la sécurité civile. En revanche, toujours aucune avancée significative du côté de la montagne. Grogne et frustration!

Congrès 2017

Depuis plusieurs années, le Groupement des moyens aériens réfléchit à l’optimisation de leur potentiel d’heures de vol, soit 16.000 heures par an pour l’ensemble des 23 bases. Un premier constat montre que 70% des sapeurs-pompiers formés n’ont réalisé pratiquement aucune mission.

Aujourd’hui, le chef des moyens opérationnels du Groupement d’hélicoptères de la Sécurité civile, Fabrice Maillet, explique qu’il devient impossible de maintenir des compétences sans les utiliser, d’autant que le nombre de missions opérationnelles est en constante progression.

«Nous devions rationnaliser le quota d’heures destiné aux entraînements. L’idée est d’avoir une vingtaine de sauveteurs spécialisés hélicoptère par base avec une formation plus pointue. Dans l’intérêt des victimes, nous voulons des SSH postés sur chaque base et prêts à partir pendant les heures aéronautiques. Plus de rapidité, plus de complicité, plus de technicité, plus de sécurité, nous avons tout à gagner avec ce nouveau dispositif.»

Secours en montagne : le dossier n’avance guère

Les premières expériences sur le terrain montrent que le nombre de SSH pourra évoluer en fonction de l’activité saisonnière et du volume opérationnel. Sur certaines bases, les SSH sont déjà mutualisés entre les Sdis dans le champ d’action de la machine. En parallèle, un simulateur de treuillage a fait son apparition sur la base d’Istres pour travailler les automatismes.

Une version plus mobile devrait bientôt arriver et se déplacer sur les différentes bases. Mais comme le rappelle le commandant Dominique Lemblé, rapporteur de la commission fédérale «Secours en montagne et milieux périlleux», ce dispositif ne concerne que les interventions de droit commun. « Dans ce projet, les secours nautiques et en montagne en sont exclus car ils entrent dans le cadre de plans de secours particuliers. Nous avons toujours des difficultés là où les sapeurs-pompiers sont exclus des secours. Dans les 22 départements "montagne", le classement du type de secours reste toujours à la discrétion du préfet, ce qui amène forcément des frustrations.»

Mais surtout, chaque année, les sapeurs-pompiers assurent 4,3 millions d’interventions et se demandent pourquoi ils ne seraient pas légitimes pour les 5.000 qui concernent la montagne. Ce dossier ne semble guère avancer depuis plusieurs années et le colonel Philippe Pathoux ne décolère pas. « Le secours en montagne, ce n’est pas un gâteau qui se partage. C’est l’intérêt de la victime qui prime!»

Patrick Forget