Retour d'expérience : Attentats 13 novembre 2015

Opérationnel - Le 08 novembre 2016

[MAGAZINE] Dans son numéro de janvier 2016, le magazine Sapeurs-pompiers de France revenait sur les attentats du 13 novembre 2015 lors d'un retour d'expérience à la maison des sapeurs-pompiers.

Attentats 13 novembre 2015

Comment les secours se sont-ils articulés ? Quelles leçons tirer ? Au sommaire de cette journée : témoignages des protagonistes et enseignements sur les actions menées.

Dossier attentats - N°1085 - Janvier 2016

Télécharger pdf - 806.83 Ko

Moyens engagés

  • L’effectif engagé sur les différents sites s’est monté à 450 pour la BSPP, 21 équipes médicales (7 AR et 14 VSAV médicalisés), 500 secouristes des associations agréées de sécurité civile.
     
  • Smur: 45 unités mobiles hospitalières (UMH) et 9 hélicoptères prépositionnés en anticipation d’évacuations secondaires.
     
  • Renforts zonaux et extra-zonaux : 2 colonnes des zones Nord et Est totalisant 8 groupes secours aux personnes (SAP), soit 24 VSAV et 8 véhicules légers médicalisés (VLM), maintenues en réserve d’anticipation aux CIS Survilliers (95) et Chelles (77).
     
  • Essonne : 1 module incendie, 2 modules SAP, 2 véhicules secours routier (VSR) et 1 VLM prépositionnés au CS Masséna (Paris 13), engagés par la suite sur le secteur Bataclan mais non sollicités. Un module SAP resté en préalerte au CIS Palaiseau.
     
  • Seine-et-Marne : 1 chef de colonne, 2 chefs de groupes, 8 VSAV, 1 véhicule léger infirmier (VLI) et 1 VLM maintenus en réserve au CS Masséna.
     
  • Yvelines : 1 groupe SAP engagé au PMA secteur Bataclan ; 1 groupe SAP prépositionné au CS Boulogne (92) ; 1 groupe SAP et un groupe de commandement prépositionnés au CIS Poissy. • Val-d’Oise : 1 chef de site, 8 VSAV, 4 FPT et 2 VSR prépositionnés au CS Saint-Denis.


4 exemples de réponse dans les territoires: se préparer à être surpris

Du côté des Sdis, les départements du Nord, du Rhône, de la Vienne et des Bouches-du-Rhône ont fait part des principaux axes de leur préparation.

Pour le docteur Patrick Hertgen, médecin-chef du Sdis 59 : « Il faut nous préparer à être surpris ». Le 27 novembre, 500 kits « hémorragies » ont été commandés et seront déployés dans les CIS, avec une formation de 2 heures pour les personnels.

Sur le plan tactique, la ressource d’intervention mobilisée évite les moyens lourds et privilégie la projection de moyens légers et rapides. La doctrine retenue est fondée sur un « FPT réflexe », les autres secours étant regroupés à proximité et n’intervenant qu’après confirmation de sécurisation.

Dans le Rhône, le colonel Serge Delaigue a fait état de la capacité de réponse en multi-sites, y compris dans un contexte NRBC, pour lesquels les préparatifs remontent à 10 ans. Particularités rhodaniennes à signaler: les transmissions satellites permettant d’être indépendant des opérateurs ont été prévues et le service départemental et métropolitain peut s’appuyer sur une réserve opérationnelle conséquente grâce aux volontaires. Cette dernière peut également être renforcée par les départements voisins. Des évolutions sont annoncées avec des ajustements du plan Novi transposant la doctrine parisienne consistant à ne pas activer systématiquement de PMA.

Dans le département de la Vienne, une redynamisation des contacts inter-services a été initiée. La priorité a été centrée sur le matériel de brancardage et sur les kits attentats, en veillant à ce que leur utilisation demeure réservée, a précisé le DDSIS, le colonel Matthieu Mairesse. La dotation en équipements NRBC a par ailleurs été accélérée.

Les Bouches-du-Rhône ont également accéléré leur préparation, avec, selon Vincent Berton, directeur de cabinet du préfet, un ordre d’opérations à 3 volets Sdis / BMPM / Samu. Il se caractérise par le partage avec la BSPP de la vision militaire selon laquelle la responsabilité de DSM est confiée aux sapeurs-pompiers, du Sdis ou du Bataillon, avec un lien majeur avec la régulation du Samu qui s’appuie aussi sur la capacité d’accueil des établissements de soins privés. Selon le colonel Gérard Patimo, directeur départemental adjoint, la doctrine vise à sortir du cadre habituel avec des engagements de secours adaptés en fonction des évaluations effectuées. Une doctrine partagée par le docteur François-Dominique Kerbaul, du Samu 13, qui a déclaré partager ce principe « d’engagement raisonné » en raison des risques de sur-attentat, de la réserve à maintenir pour d’autres attentats et du risque courant.

 

 

Texte : Dominique Verlet
Photos : Stéphane Gautier

En savoir plus sur le magazine